LA RAGE AU QUÉBEC EN 1998 ET 1999

 

Ce texte se veut un résumé des différentes activités concernant la rage au Québec depuis les deux dernières années.

 

La décroissance observée depuis 1992 se poursuit avec 14 cas rapportés en 1998 et 10 en 1999. Les souches présentes au Québec sont celles du renard et des chauves-souris. Aucun incident attribuable à la souche du raton laveur n’a encore été signalé au Québec. Tous ces diagnostics ont été confirmés au laboratoire. Ces statistiques proviennent des activités des vétérinaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments dans le cadre du programme de prévention de la rage.

 

EN 1998

 

Trois foyers de rage étaient actifs. La région du Saguenay-Lac-St-Jean rapportait son dernier cas en mars 1998 après plus de 16 mois d’endémie. Également après plusieurs mois d’activité, le foyer de rage présent en Montérégie dans la Vallée du Richelieu s’est éteint en août 1998. En Abitibi, entre mars 1997 et mars 1998, aucun cas n’a été signalé, puis deux animaux étaient trouvés enragés en avril et juillet 1998.

 

EN 1999

 

Du jamais vu depuis 1957 au Québec : aucun diagnostic de rage n’a été rapporté pendant 6 mois, soit entre septembre 1998 et février 1999. Puis, des animaux enragés ont été déclarés dans le Grand Nord et une recrudescence de la rage est présentement en cours en Abitibi depuis septembre 1999. Une chauve-souris a été confirmée enragée près de Lachute en mai 1999.

 

LES CAMPAGNES DE VACCINATION

 

On peut attribuer cette baisse à un creux dans le cycle de l’activité rabique dans le Grand Nord et surtout à la vaccination des animaux sauvages dans le sud de la province. À l’automne 1998 et à l’automne 1999, le Ministère de ressources naturelles de l’Ontario a procédé à la dispersion de vaccins oraux pour immuniser les renards de la Montérégie. Un des buts visés était d’éviter la ré-infestation de la rage en Ontario par un mouvement est-ouest. Cette campagne de vaccination a suscité très peu de vagues.

 

Par contre, plus médiatisée, la campagne de vaccination des ratons laveurs du sud des Cantons de l’Est a fait beaucoup parler d’elle. L’objectif de cette vaccination était de prévenir l’entrée de la souche virale du raton laveur au Québec. Un cas avait été signalé au Vermont à 25 km au sud de la frontière en juin 1999. Puisque l’on reconnait maintenant que des ratons laveurs peuvent se déplacer sur des distances de plus de 40 km, le risque d’introduction était considérable. C’est le Ministère de la santé et des services sociaux qui a été le maître d’oeuvre de ce projet. Malheureusement, les types de vaccins utilisés n’immunisent que les espèces pour lesquels ils ont été développés.

 


Malgré toutes les précautions mises en place depuis les dernières années, l’Ontario a rapporté 7 ratons laveurs porteurs de leur souche virale entre le 15 juillet 1999 et le 5 janvier 2000. Le premier cas a été signalé dans la région de Prescott-Maynard près du fleuve St-Laurent entre Kingston et Cornwall. La zone affectée est à près de 100 km du Québec. Des mesures agressives ont été mises en place par le Ministère de ressources naturelles de l’Ontario pour éradiquer cette menace.

 

François Lagacé m.v.

Janvier 2000